Le constat de ces inégalités

Pour les femmes de la deuxième moitié du XXème siècle, cette période a marqué une véritable révolution : accès au droit de vote (le 21 Avril 1944), libéralisation de la contraception et de l’avortement et investissement massif dans le monde du travail ( 1942: Les femmes mariées peuvent travailler; 1965: Les femmes mariées peuvent travailler sans le conscentement de leur mari). Mais malgré cette révolution culturelle des années 1960, l'égalité est loin d'être acqise.

 

Le taux d’emploi des femmes reste plus faible que celui des hommes ; nous avons un écart de 15 points qui subsiste. Cela s’explique par le fait que le comportement d’activité des femmes dépend du nombre d’enfants, contrairement aux hommes. Lorsqu’un couple met un enfant au monde, c’est le plus souvent la femme qui met sa carrière de coté. Pour un enfant dans le couple, le taux d’activité des femmes chute à 80%, quand elles en ont deux ce taux rechute à 60%, et puis lorsqu’elles en ont trois ou plus, il diminue jusqu’à 37%. Contrairement à celui des hommes, qui reste au fil des naissances, supérieur à 90%. De plus, à partir de 1995, cette situation s’est renforcée après l’apposition de l’allocation parentale d’éducation (APE) dès le deuxième enfant. L’APE a donc contribué à ralentir la progression des taux d’activités des femmes et notamment celui des femmes les moins qualifiées, or depuis les années 1960, il a doublé de 41.5% à 80% aujourd’hui pour les femmes âgées de 25 à 49 ans.

 

Par ailleurs, les femmes sont le plus souvent touchées par le chômage et la précarité ; en 2005 leur taux de chômage* atteignait 10.9% (9% pour les hommes) et elles étaient les plus ciblées pour le travail à temps partiel. Elles travaillent dans des champs professionnels distincts de ceux des hommes ; elles sont principalement dans le tertiaire en tant qu’employées, et leurs principaux métiers se trouvent dans l’entretien, les soins et l’éducation des enfants, et la santé**. Beaucoup de femmes continuent en outre à s’orienter vers des métiers souvent dévalorisés. Bien qu’elles aient un bon investissement scolaire, cela n’empêche pas les femmes de se heurter à un « plafond de verre » (elles sont très peu présentent aux plus hauts échelons hiérarchiques) (cf. : Partie 1) et leurs salaires restent inférieurs à ceux des hommes, comme par exemple en 2002 où le salaire moyen mensuel avait un écart de 25% entre celui des femmes et celui des hommes.

*Voir tableau.

**Voir tableau

 

Les écarts salariaux entre les sexes demeurent une réalité fort présente. De manière générale, les femmes gagnent l’équivalent de 83,4% du salaire horaire moyen des hommes et 71,5% de leur salaire hebdomadaire moyen. De plus, les contrats les plus souvent acquis par les femmes sont des CDD (Contrats à Durée Déterminée) (9.6% plus nombreuses que les hommes), ou des temps partiels. Elles travaillent plus à temps partiel que les hommes, 30% d’entres elles occupent cette forme d’emplois. Ce choix s’explique bien souvent par l’insuffisance des modes de gardes, par l’inadaptation des horaires de travail au rythme des modes d’accueil et de l’école, ou par la faible participation des pères aux tâches parentales. Cependant, le temps partiel n’est pas toujours choisi, il peut être également subi : 947 000 femmes en sous emplois souhaiteraient travailler davantage. La moitié de cet écart s’explique par le fait, qu’en moyenne, les hommes et les femmes n’ont pas les mêmes caractéristiques individuelles, qu’ils n’occupent pas les mêmes emplois et qu’ils ne travaillent pas dans les mêmes établissements.

 

Néanmoins, nous pouvons constater de larges progrès ; les filles ont rattrapé, puis dépassé le niveau scolaire des garçons : en 1971 les bachelières étaient plus nombreuses que les bacheliers. En 1975, les étudiantes sont plus nombreuses que les étudiants, et aujourd’hui les filles réussissent mieux leur scolarité que les garçons ; elles redoublent moins souvent, ont moins de difficultés en lecture et obtiennent des taux de réussite plus élevé au brevet comme au baccalauréat. A savoir, ces trente dernières années ont été rythmées par des « Premières » qui ont donné le sentiment que les femmes accèdent peu à peu à l’égalité professionnel ; la première femme à entrer à Polytechnique (1972, Anne Chopinet), la première femme devenue préfet (1981, Yvette Chassagne), et la première femme pilote de l’armée de l’air (1985, Isabelle Boussaert). Ces trajectoires symboles dissimulent mal les inégalités persistantes du monde du travail : bien que les filles réussissent mieux à l’école que les garçons, elles sont le plus souvent au chômage, accèdent moins aux responsabilités et perçoivent des salaires plus faibles que leurs collègues masculins.

 

En dépit de l’adoption de trois lois en 25 ans (Roudy en 1983 ; Génisson en 2001 ; et Ameline en 2006), l’égalité salariale est encore négligée. Selon le ministère du travail, moins de 5% des entreprises de plus de 10 salariés ont signé des accords sur ce thème en 2005. Le conflit « Travail-Famille », vécu davantage par les femmes que par les hommes, reste néanmoins un point névralgique des politiques d’égalités.

Nous constatons que les syndicats ont récemment  dénoncé la non-application de la loi sur l'égalité professionnelle.  Ce n'est pas parce que  la journée de la Femme tombe un dimanche qu'il faut l'oublier. Au contraire, les syndicats ont tiré la sonnette d'alarme hier pour demander au gouvernement de légiférer pour appliquer la loi. D'ici à la fin 2010, la loi du 23 Mars 2006, relative à l'égalité salariale entre femmes et hommes prévoit que les entreprises doivent avoir atteint l'égalité professionnelle et salariale totale. En réalité, la majorité n'a même pas commencé à analyser ses effectifs et à négocier des mesures de correction avec les syndicats. "L'égallité professionnelle et salariale nous en parlons depuis plus de trente ans. Mais il faut reconnaître que nous n'y sommes pas encore." admet la secrétaire d'Etat à la Solidarité, Valérie Létard. Selon un sondage de la Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité) commandé pour le 8 Mars 2009, une Française sur trois estime qu'elle serait mieux traitée au travail si elle était un homme (*), et la grossesse est considérée comme un obstacle professionnel par les deux sexes. Une situation qui ne s'explique pas uniquement par l'argument au demeurant exact, selon lequel " les femmes sont moins biens payées du fait des emplois qu'elles occupent". Car les patrons qui souhaitent réduire les écarts de salaire ou former des salarié(e)s peuvent signer avec l'Etat un contrat pour l'égalité professionnelle ou pour la mixoté des emplois, afin de recevoir des aides. Jusqu'ici ils préfèrent militer des contre les sanctions que profiter des carottes. Nous pouvons voir ce que dit la loi; au niveau du recrutement: "Il est illégal d'interroger une candidate sur sa vie privée ou de refuser de l'embaucher parce qu'elle ets enceinte."; au niveau de la carrière: "Aucune différenciation de salaire ou de promotion ne peut se fonder sur le sexe, que ce soit dans le secteur public ou privé. S'il y a eu des augmentations dans son entreprise pendant son abscence, une femme de retour de congé de maternité doit en bénéficier."; au niveau du licenciement:" Une femme enceinte est protégée pendant sa grossesse et jusqu'à quatre semaine après son retour de congé de maternité."; puis au niveau des négociations:l"La direction doit analyser la situation des salarié(e)s (rémunérations, carrières, etc...) dans un rapport annuel, le transmettre au comité d'entreprise et agir pour corriger les inégalités.". Or la Halde dit enfin "Halte" à la discrimination, car il faut combattre toute les discriminations et promouvoir l'égalité hommes-femmes. La mission de la Halde est primordiale. Outre un rôle de promotion de l'égalité, via des campagnes de sensibilisations, cette administration créée en 2004 et présidée par Jean-Louis SCHWEITZER dispose de compétences lui permettan d'aider les victimes de discrimination dans les démarches visant à affirmer leurs droits. Disposant de pouvoirs d'investigation sur les cas portés à sa connaissance, la Halde peut aider à apporter la preuve d'une discrimination en exigeant la communication de documents, en se rendant sur place ou encore en convoquant des témoins. Une fois la discrimination avérée, elle participe également à la recherche d'une solution, via une médiation à l'amiable, une amende à l'employeur, ou en déclenchant une procédure pénale. Par exemple, une agent d'assurances, dont le salaire était inférieur à celui d'un collègue homme, à tâche égale, a ainsi obtenu une revalorisation de 500€ par mois, avec effet rétroactif, à l'issue d'une procédure à l'amiable. Autre cas, une esthéticienne, licenciée par le gérant de l'hotel qui l'employait, a obtenu l'équivalent de douze mois de salaire. L'enquête de la Halde a démontré que son renvoie était dû à sa grossesse. En 2008, 309 cas de discrimination salariale liés au sexe et 126 liés à la grossesse ont été portés à la connaissance de la Halde. Mais ces chiffres restent encore très faibles, par rapport à toutes les discriminations présentent dans notre société qui ne sont pas forcement dénoncées.

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